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Guides et
Scouts d'Europe

Voici voici la Trêve de l’Eau

Liane en chœur parlé. Pour une meute avec un bon niveau en expression.

Histoire = La vie des animaux qui ont soif lors de la sécheresse ; la nouvelle loi qui les protège.
Durée = env. 50 min

 

 

CHANT = « Je connais une fleur étrange » (p. 170)

 

Liane 1 – CHŒUR PARLÉ

La loi de la jungle, sans doute la plus vieille loi du monde, avait dans sa prudence, prévu tous les accidents qui pouvaient arriver dans la jungle. Avec le temps et la pratique, son code est devenu parfait. Mowgli découvrit comment cette Loi si parfaite était toujours appliquée dans la jungle. Tout commença lorsque les pluies d’hiver vinrent à disparaître, et que toutes les plantes de la jungle se mirent à flétrir et à sécher. Petit à petit, la chaleur, que les Pluies n’avaient pas réussi à tempérer, s’insinua jusqu’au cœur de la Jungle, et fit tourner toutes les feuilles au jaune. Mowgli comprenait pour la première fois le sens du mot “faim”. Il se trouvait obligé de gratter du miel vieux de trois ans sur les rochers noirs et desséchés. Il creusait sous la terre pour chasser les vermisseaux qui s’y trouvaient.

CHANT = « Voici voici la trêve de l’eau » (p. 222)

 

Liane 2 – CHŒUR PARLÉ

En effet, la trêve de l’eau signifie que chaque créature de la jungle peut aller se désaltérer dans la Waingunga, qu’elle soit herbivore ou carnivore, sans craindre pour sa vie. Quiconque se permet de tuer lorsqu’il est aux abreuvoirs est puni de mort. La raison est que la soif passe avant la faim. Dans les bonnes saisons, ceux qui se risquaient à boire à la rivière craignaient pour leur vie, mais désormais le Peuple de la Jungle se traînait affamé, harassé, jusqu’à la rivière rétrécie — tigre, ours, cerf, buffle, et sanglier ensemble — et tous, ayant bu à l’eau bourbeuse, laissaient pendre la tête au-dessus, trop exténués pour s’éloigner.

CHANT = « Course de Printemps » (p. 140)

 

Liane 3 – CHŒUR PARLÉ

Bagheera qui se tenait allongé de tout son long, auprès de la rivière, leva paresseusement la tête vers son ami Mowgli qui s’était lentement traîné jusqu’au filet d’eau pour tenter d’en laper quelque goutte. Le petit d’homme était éreinté par les nombreuses chasses infructueuses et son ami la panthère n’avait pas meilleure allure. Et dans le silence de la nuit de la jungle, un étrange dialogue se mit en place entre les deux créatures.

CHANT = « En chasse petit loup » (p. 142)

 

Liane 4 – CHŒUR PARLÉ

Le vieux Tigre boiteux se mit à boire, en jouissant de la peur qu’il inspirait et qui faisait trembler tous les cerfs qui se tenaient autour de lui. Shere Khan murmura soudain en grondant : “C’est de l’homme. J’ai tué il y a une heure…” Aussitôt un mouvement de panique passa dans toutes les bêtes qui se trouvaient là. Tous les regards se portèrent aussitôt autour d’Hathi, l’éléphant sauvage, mais ce dernier paraissait ne pas entendre. A mesure qu’il buvait, des filets rouges se répandaient dans l’eau grise.
« C’est par goût que j’ai tué, et non par besoin », gronda-t-il soudain…

CHANT = « L’édit de la Jungle » (p. 148)

 

Liane 5 – CHŒUR PARLÉ

Dès lors, comme toutes les choses de la Jungle, la sécheresse passa, les feuilles retrouvèrent leur verte couleur et la rivière se remplissait de nouveau d’une eau claire et fraîche. Le Roc de la Paix était à nouveau immergé, aussi Hathi déclara la fin de la trêve de l’eau. Tous les animaux de la jungle retournèrent à leur chasse habituelle. Mowgli se rempluma aux côtés de Bagheera et tous deux recommencèrent à chasser dans la jungle en chantant la nuit dans la jungle.

CHANT = « Chanson de nuit dans la Jungle » (p. 154)

 

Numéro 1 – OMBRES CHINOISES

A cause de la sécheresse, une grande famine commença à gangrener toute la jungle. Toutes les créatures n’avaient plus que de la peau sur les os, mais le pire était le manque d’eau. Seule la Waingunga charriait encore un mince filet d’eau. Le Roc de la Paix était d’habitude complètement immergé sous la rivière, mais le rocher se trouvait désormais à l’air libre. C’était le signal pour Hathi de déclarer la Trêve de l’eau, comme son père l’avait fait 50 ans avant lui. L’éléphant leva alors sa grande trompe et poussa un immense barrissement, repris d’un ton rauque par le cerf, le sanglier et le buffle, puis sifflé au loin par Chil d’un sifflement strident.
La trêve de l’eau signifiait que les animaux carnivores et herbivores faisaient la paix, le temps de la sécheresse, pour permettre à tous d’aller se désaltérer à la Waingunga sans crainte d’y être chassé. Dès le début, les oiseaux et le peuple singe remontèrent vers le Nord pour trouver un peu de fraîcheur. Les daims et les sangliers étaient trop faibles pour chasser et ils mourraient abandonnés sur les champs tous grillés. Seul Chil, le vautour restait gras, grâce à sa provision de charogne.

 

Numéro 2 – MIME

Pour ce numéro, il est important de bien travailler sur les attributs des personnages : travailler la manière de se déplacer, de manger, de boire de chaque animal. C’est un numéro difficile.
Le Cerf et le Sanglier avaient rôdé tout le jour, en quête de quelque chose de meilleur que de l’écorce sèche et des feuilles flétries. Les buffles n’avaient trouvé ni fondrières pour s’y vautrer au frais ni récoltes vertes à voler. Les serpents avaient quitté la Jungle pour descendre à la rivière dans l’espoir d’attraper quelque grenouille échouée ; ils se lovaient autour des pierres humides, et ne cherchaient pas à frapper si, par hasard, le groin d’un sanglier, en fouillant, venait à les déloger. Les tortues de rivière, depuis longtemps, avaient été tuées par Bagheera, reine des chasseurs, et les poissons s’étaient enfouis profondément dans la vase craquelée. Seul le Roc de la Paix reposait au milieu de la mince couche d’eau, comme un long serpent, et les petites rides, toutes lasses, sifflaient en s’évaporant sur ses flancs brûlés.

C’était là que Mowgli venait la nuit chercher quelque fraîcheur et de la compagnie. Les plus affamés de ses ennemis se seraient à peine souciés du garçon maintenant. Sa peau nue le faisait paraître plus maigre et plus misérable qu’aucun de ses camarades. Sa chevelure avait tourné au blanc d’étoupe sous l’ardeur du soleil ; ses côtes ressortaient comme celles d’un panier, et les callosités de ses genoux et de ses coudes, sur lesquels il avait l’habitude de se traîner à quatre pattes, donnaient à ses membres réduits l’apparence d’herbes nouées. Mais son œil, sous la broussaille retombante de ses cheveux mêlés, restait clair et tranquille, car Bagheera, son conseil des jours difficiles, lui recommandait de remuer sans bruit, de chasser sans hâte, et de ne jamais, sous aucun prétexte, perdre son sang-froid.

 

Numéro 3 – MARIONNETTES

Bagheera : Ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Ton estomac est-il comblé ?
Mowgli : Il y a quelque chose dedans mais qui ne me profite guère, penses-tu que les pluies nous ont oubliées ?
Bagheera : Non, je ne le pense pas. Nous verrons encore fleurir le Mohwa. Tu ne dois pas perdre espoir petit frère et savoir que tout passe, cela nécessite simplement de la patience. Descendons ici à travers les broussailles crépitantes.
Mowgli : Regarde Bagheera ! Voici Baloo qui nous rejoint !
Bagheera : Oui, et sur l’autre rive se tint Hathi le gardien de la Trêve, les cerfs, les sangliers et le Buffle sauvage. (Puis dans un murmure) Dommage qu’il y ait la Loi, sans quoi cela ferait une très bonne chasse.
Tous les animaux : La trêve, rappelez-vous la trêve !
Hathi : Paix là, paix ! La Trêve est déclarée, Bagheera. Ce n’est pas le moment de parler de chasse.
Mowgli : Oh Bagheera regarde ! Shere Khan le Lungri !
Baloo : Où ça ??
Mowgli : De l’autre côté de la rive ! Il arrive en boitant !
Shere Khan gronde.

 

Numéro 4 – BRUITAGES

Le Tigre Boiteux avait trempé dans l’eau son menton, et de longues traînées huileuses et noirâtres en descendaient au fil de l’eau.
– C’est de l’Homme, dit-t-il J’ai tué, il y a une heure.
Il continua de ronronner et de gronder en lui-même. La ligne des bêtes frémit et vacilla. Un silence pesant passa, on n’entendait désormais plus que le murmure des feuilles qui passait, puis un cri s’éleva :
– L’Homme ! L’Homme ! Il a tué l’Homme !
Hathi continuait de boire tranquillement. Le vieil éléphant ne précipitait jamais les choses, voilà pourquoi il était respecté pour sa grande sagesse.
– C’est par goût que tu as tué ?
Lorsque Hathi pose une question, il vaut mieux lui répondre.
– Mais C’était mon droit et ma Nuit. Tu sais, ô Hathi.
Le ton de Shere Khan était devenu presque courtois. Ses articulations craquèrent comme du bois sec.
– Va-t’en, La rivière est là pour y boire et non pour la salir. Nul que le Tigre Boiteux ne se serait vanté de son droit dans un temps pareil, lorsque nous souffrons ensemble — Homme et Peuple de la Jungle — pareillement. Propre ou non, retourne à ton gîte, Shere-Khan !
Les derniers mots sonnèrent comme des trompettes d’argent, et les trois fils de Hathi roulèrent en avant, d’un demi-pas, bien qu’il n’y en eût pas besoin. Shere Khan s’esquiva, sans même oser grogner, car il savait — ce que chacun sait — qu’en dernier ressort Hathi est le Maître de la Jungle.

Extrait du chef d’œuvre guide-ainée de Marie Collin © AGSE juin 2024